Sommaire
  1. Journal sonore ou journal audio : quelle différence ?
  2. Comment écouter un lieu sans te couper de ce qui t’entoure ?
  3. Quels mots employer pour décrire un son ?
  4. Comment composer ton journal sonore à partir de trois sons ?
  5. Comment respecter la vie privée des personnes entendues ?
  6. Que faire si certains sons te fatiguent ?
  7. Revenir au même endroit : que comparer ?
  8. Une page construite avec les silences entre les sons
  9. Questions fréquentes
  10. Sources

Un journal sonore peut se tenir uniquement avec des mots : tu écoutes un lieu, puis tu décris quelques sons et la façon dont ils se succèdent. Aucun enregistrement n’est nécessaire ; cette pratique d’écriture porte sur ton expérience d’écoute, sans collecter les conversations des personnes autour de toi.

Choisis un endroit où tu peux t’arrêter en sécurité. Une cuisine, une cour ou un banc calme offrent déjà une matière suffisante. Le but n’est pas d’identifier chaque source avec certitude, mais de retrouver l’ambiance d’un moment autrement qu’en décrivant seulement ce que tu vois.

Journal sonore ou journal audio : quelle différence ?

Dans un journal audio, tu enregistres ta parole. Dans le format proposé ici, tu écoutes l’environnement puis tu écris. Le carnet contient donc une description personnelle, pas une collection de fichiers. Tu peux aimer les deux, mais leurs usages et leurs précautions ne sont pas identiques.

PratiqueTrace gardéeQuestion centrale
Journal sonore écritDes mots sur une ambianceQu’ai-je entendu ?
Journal audio personnelTa propre voixQu’ai-je envie de raconter ?
Collecte sonoreUn enregistrement du lieuQue puis-je enregistrer et partager ?
Relevé de nuisancesDes observations factuellesQuel problème dois-je documenter ?

Ce guide concerne le premier format, pas la mesure du bruit ni la constitution d’un dossier. Pour un récit plus large, tu peux associer cette page au journal intime ou à une description par les cinq sens, sans te forcer à mobiliser des perceptions qui ne te sont pas accessibles.

Comment écouter un lieu sans te couper de ce qui t’entoure ?

Installe-toi à l’arrêt et garde les yeux ouverts si cela te convient mieux. N’entreprends pas l’exercice en traversant une rue, à vélo ou pendant une tâche qui exige de l’attention. Écouter un lieu ne nécessite ni de t’isoler avec un casque ni de rechercher une concentration parfaite.

Commence par ce qui s’impose : ventilation, circulation, pas ou vaisselle. Puis remarque un son plus discret, s’il devient perceptible. Tu peux écrire simplement « je n’entends surtout que le moteur ». Il n’est pas nécessaire d’inventer un arrière-plan délicat pour rendre la page intéressante.

Le CNRS présente le paysage sonore comme une manière d’étudier les écosystèmes, les bruits humains et les relations à l’environnement. Ton carnet n’est pas une enquête scientifique, mais cette ressource rappelle qu’un lieu peut être observé par ce qui s’y entend. Pour prolonger l’attention dehors, utilise le carnet nature.

Gouttes tombant dans une bassine métallique remplie d’eau.
Décris le rythme, l’intensité ou la matière d’un son plutôt que de chercher de grands mots.

Quels mots employer pour décrire un son ?

Tu peux commencer par sa durée : bref, continu, intermittent. Ajoute son rythme : régulier, précipité, hésitant. Puis situe-le : proche, derrière toi, au-dessus, difficile à localiser. Ces indications racontent déjà une expérience sans vocabulaire musical ou technique.

Distingue le son de sa source supposée. « Un frottement métallique derrière la porte » est plus prudent que « le voisin déplace sa chaise » si tu n’as rien vu. De même, un chant d’oiseau peut rester un chant d’oiseau lorsque tu ne reconnais pas l’espèce. L’incertitude est une information, pas un défaut de description.

Les comparaisons restent possibles : « comme du papier que l’on froisse », « un claquement sec ». Elles décrivent ce que le son t’évoque ; elles ne constituent pas des mesures. Tu peux garder un petit répertoire dans ton carnet d’idées si tu trouves souvent des formulations qui te plaisent.

Comment composer ton journal sonore à partir de trois sons ?

Choisis un son de fond, un son qui revient et un son inattendu. Dans une cuisine fictive, le réfrigérateur fournit un fond, la cuillère heurte parfois la tasse et une porte claque dans l’escalier. Tu peux raconter leur ordre plutôt que dresser une liste de noms.

Ajoute ensuite ta place dans la scène : tu es assise, tu attends l’eau chaude, tu ouvres une fenêtre. Le même lieu entendu depuis une autre position peut donner une autre page. Notre proposition de promenade d’observation créative aide à varier un point de vue sans rechercher un décor exceptionnel.

Termine avec ce que l’écoute change dans ta description, si elle change quelque chose. Tu peux avoir remarqué un rythme, un contraste ou une gêne. Tu n’es pas obligée de conclure que le lieu est apaisant. L’expérience peut être neutre, agréable, fatigante ou simplement nouvelle.

Cartes à retourner

Des repères à garder

Durée

Le son est-il bref, continu ou intermittent ?

Rythme

Revient-il de façon régulière ou imprévisible ?

Distance

Semble-t-il proche, lointain ou difficile à situer ?

À lire aussiScripting : écrire sa vie rêvée pour clarifier ses envies

À cocher

Préparer ta page

0 / 4

Ton atelier

Choisis ton point de départ

Ouvre une proposition et réalise-la dans ton carnet. Aucune confidence n’est demandée sur cette page.

Chez toi

Décris trois sons sans nommer tout de suite leurs sources. Raconte ensuite leur succession.

Dehors

Reste à l’arrêt, attentive à ta sécurité. Note un son proche et un son plus lointain, sans chercher à t’approcher.

Un souvenir sonore

Écris de mémoire une ambiance passée. Signale ce qui est certain et ce qui reste approximatif.

Générateur

Une amorce pour écrire

Décris les sons avec tes propres mots. Ce que je remarque précisément, c’est…
Voir toutes les phrases

Observer

  • Décris les sons avec tes propres mots. Ce que je remarque précisément, c’est…
  • Distingue le son entendu de sa source supposée. Mon exemple aujourd’hui serait…

Choisir

  • Choisir une phrase ou une petite scène. La version qui me convient est…
  • Je peux garder cette page telle quelle, car ce que je voulais y déposer, c’était…

Comment respecter la vie privée des personnes entendues ?

Décris une présence sonore sans reproduire une conversation identifiable. « Des voix se répondent dans la cour » peut suffire. Le carnet ne doit pas devenir un moyen de recueillir des confidences, de suivre les habitudes d’une personne ou de consigner des informations entendues sans qu’elles te soient destinées.

Si une phrase s’impose malgré toi, tu peux la laisser hors du texte et raconter ton déplacement ou ton impression générale. Pour les échanges auxquels tu participes, le journal de conversations propose un cadre plus adapté, centré sur ce que tu souhaites retenir de ta propre expérience.

Avant de partager la page, relis les indices combinés : adresse, horaire, description d’une personne et paroles peuvent la rendre reconnaissable même sans nom. Une version destinée à être lue par d’autres peut être plus générale que ta note privée. Tu peux aussi choisir de ne pas partager cette page.

Femme penchée près d’une bouilloire crème sur un plan de travail.
Même un bruit familier de cuisine peut devenir un détail à noter.

Que faire si certains sons te fatiguent ?

Ne prolonge pas volontairement une exposition inconfortable pour terminer l’exercice. Change de lieu, réduis la durée ou préfère une autre modalité d’observation. Un bruit fort ne devient pas bénéfique parce qu’il est intégré à une pratique de journaling.

Tu peux écrire sur une ambiance déjà mémorisée, en signalant qu’il s’agit d’un souvenir. Le guide pour écrire un souvenir précis permet de travailler avec une scène passée, tandis que le journal photographique offre une autre entrée sensorielle si elle te convient mieux.

En cas de douleur, de changement d’audition ou de gêne persistante, demande un avis professionnel plutôt que d’utiliser ce carnet comme traitement. L’exercice ne mesure pas l’audition et ne remplace pas une évaluation. Aucune capacité à percevoir des sons discrets n’est requise pour avoir une pratique créative valable.

Revenir au même endroit : que comparer ?

Une deuxième page peut être écrite à une autre heure. Compare uniquement ce que tu as réellement remarqué : durée d’un bruit, alternance, présence ou absence. Une différence entre deux séances ne permet pas de conclure sur toutes les journées du lieu.

Tu peux conserver ces pages côte à côte et leur donner des titres concrets. « Cuisine avant le départ » et « cuisine le dimanche après-midi » seront plus parlants qu’un classement en bonne ou mauvaise ambiance. Pour limiter le format, essaie le journal d’une phrase par jour : une phrase peut déjà restituer un rythme.

Femme tenant une tasse près d’une fenêtre ouverte sur des branches et des immeubles.
Une fenêtre ouverte suffit parfois pour repérer trois sons différents.

Une page construite avec les silences entre les sons

Le journal peut décrire les interruptions autant que les sons eux-mêmes. Dans un exemple fictif, une cour paraît calme jusqu’à l’ouverture d’un volet ; un bruit de vaisselle apparaît, s’arrête, puis un véhicule passe au loin. Tu peux raconter ces arrivées et départs sans décider que le silence serait total entre eux.

Utilise des repères relatifs plutôt qu’un minutage compliqué : avant, pendant, après, en même temps. Ils suffisent pour garder l’organisation de l’ambiance. Si tu as perdu l’ordre exact, écris une succession approximative. Le carnet ne doit pas donner l’apparence d’un relevé scientifique que tu n’as pas réalisé.

Tu peux ensuite lire la page à voix basse, si le lieu est privé, pour vérifier si les phrases restituent un rythme. Cette relecture concerne le texte, pas une performance vocale. Change une phrase trop longue si elle masque l’alternance que tu voulais garder, puis arrête lorsque l’ambiance devient suffisamment reconnaissable pour toi.

Cette rencontre avec Isabelle Charrier et Jérôme Sueur élargit l’écoute aux sons de la nature présents jusque dans nos villes.

VidéoIsabelle Charrier et Jérôme Sueur - À l'écoute des sons de la natureUn complément pour distinguer les sources d’un paysage sonore et enrichir les observations de ton carnet.Voir sur YouTube · UnivNantes

Questions fréquentes

Faut-il enregistrer les sons ?

Non. Ce journal est conçu pour garder des descriptions écrites et éviter la collecte audio des personnes autour de toi.

Dois-je fermer les yeux ?

Non. Reste dans une position sûre et garde les yeux ouverts si c’est plus confortable ou nécessaire.

Et si je ne reconnais pas un son ?

Décris sa durée, son rythme ou sa direction. Tu peux écrire que la source reste inconnue.

Peut-on écrire depuis chez soi ?

Oui. Une cuisine, un couloir ou une fenêtre donnent des ambiances variées sans avoir besoin d’un déplacement.

Ce carnet sert-il à mesurer le bruit ?

Non. Une description personnelle ne fournit pas une mesure acoustique et ne remplace pas les démarches adaptées à une nuisance.

Que faire si l’écoute me gêne ?

Arrête ou change de support. La pratique est facultative et ne demande pas de supporter une sensation désagréable.

Sources

  • CNRS Images. « Des paysages qui s’écoutent ». Présentation du paysage sonore dans un travail de recherche ; le carnet proposé ici est une pratique créative. Consulter la ressource.